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06 juin, 2014

L'Île de Ré à l'hollywoodienne : « Nos fusils étaient en contreplaqué »

En 1961, l'île de Ré est investie par le tournage hollywoodien du « Jour le plus long »

On est le 25 novembre 1961. Il fait gris et frais sur la plage de Sablanceaux, mais la lumière est douce et laiteuse. C'est pour cette lumière si particulière que Darryl Zanuck a préféré l'île de Ré à la Normandie, Rivedoux et Saint-Clément à Omaha Beach. Il crie dans le mégaphone « Lights ! Camera ! Action ! ». Aussitôt, 1 500 gamins attifés en GI courent en zigzag sur la plage : « Nos casques étaient français, nos fusils en contreplaqué. Mais à la caméra, ça ne se voyait pas », raconte Jean-Claude Galloyer, un des figurants de l'époque. Il avait 17 ans, était élève à l'école d'enseignement technique de l'armée de l'air à Saintes. Toute sa promotion avait été réquisitionnée pour le film.

Une sacrée récréation et vraiment le jour le plus long pour ces apprentis soldats encore imberbes et flottant dans leur treillis. « On a dû retourner six fois la scène. Certains d'entre nous devaient tomber sous les balles. Mais il n'y avait jamais assez de morts », poursuit celui qui, en 2011, pour le cinquantenaire du tournage, a réuni une bonne centaine des anciens figurants de sa promotion sur la même plage de Rivedoux.

Hollywood-en-Ré

Pour les scènes des GI sautant dans l'eau depuis les barges de débarquement, Darryl Zanuck avait préféré faire confiance à des militaires de Rochefort.

Ils virent peu de stars sur la plage de Rivedoux. Seule la scène où Bourvil apporte le champagne y fut tournée. Les Henri Fonda, John Wayne, Robert Mitchum débarquèrent, eux, à l'autre bout de l'île, sur la conche des Baleines, à Saint-Clément, où des kilomètres de faux barbelés avaient été étirés, des blockhaus en carton-pâte érigés et des chalets normands imaginés un peu en retrait de la plage.

L'un des sentiers qui donnent accès à la conche a été d'ailleurs baptisé « Pas Zanuck ». Le réalisateur était arrivé en jet privé depuis les États-Unis à La Rochelle, puis en hélicoptère sur les lieux du tournage.

C'était Hollywood-en-Ré, l'argent coulait à flots. La production du film fit cadeau d'une salle de cinéma à l'école de l'armée de l'air à Saintes et de 300 000 francs au Conseil général pour remettre les routes en état après le passage des tanks et autres gros engins réquisitionnés pour le film.

Le sourire de Mitchum

Le film anima la vie rétaise pendant plus d'un mois. Certains agriculteurs participèrent même d'une certaine manière à l'intendance : « Avec mon cheval et ma charrette, j'allais relever les morts sur la plage. C'étaient des cadavres postiches », racontait en 2005 Léon Massé, ancien cultivateur de Saint-Clément. Quelques marins pêcheurs avaient également été mobilisés pour creuser les tranchées, un déploiement de forces pas vu sur l'île depuis qu'ils avaient repoussé Buckingham au pont de Feneau en 1627.

Et à La Rochelle, où logeaient les plus grandes vedettes, quelques dames aux cheveux argentés se souviennent encore, avec des soupirs de regret, du sourire ravageur de Robert Mitchum dans les soirées mondaines.

Source : Sud-Ouest du 25/07/2012

Leur « jour le plus long », cinquante ans après

Tout le week-end, Rivedoux vit à l'heure de la version cinématographique du débarquement. 250 anciens figurants seront là.
Jean-Claude Galloyer pose sur la dune de Rivedoux qu'il escalada six fois en 1961 pour les besoins du tournage du « Jour le plus long ». Cinquante ans après, 250 anciens figurants du film participeront ce week-end à un événement commémoratif

Jean-Claude Galloyer pose sur la dune de Rivedoux qu'il escalada six fois en 1961 pour les besoins du tournage du « Jour le plus long ». Cinquante ans après, 250 anciens figurants du film participeront ce week-end à un événement commémoratif

Demain, Rivedoux sera libéré par les Américains. Des drapeaux étoilés pavoiseront aux fenêtres, des avions de la Seconde Guerre survoleront la plage, des véhicules kakis sillonneront les pistes et rues de cette commune « pas-de-porte » de l'île de Ré où fut tourné il y a cinquante ans l'une des scènes les plus emblématiques du « Jour le plus long », quand les GI's débarquent sur la plage. Pour être précis, deux sites avaient été choisis : la plage de Rivedoux et la conche des Baleines, à Saint-Clément.

Mais, à Rivedoux, ce furent essentiellement les figurants qui jouèrent leur rôle. Et ce sont justement ces figurants issus de l'école d'enseignement technique de l'armée de l'air de Saintes qui ont décidé de se retrouver ce week-end (1) sur les lieux de leurs exploits d'un jour.

La salle de cinéma

« L'idée m'est venue il y a deux ans. Retrouver les anciens de ma promotion. Et puis comme le fait marquant de notre séjour à l'école de Saintes a naturellement été cette journée de tournage, j'ai pensé que l'idéal serait qu'on se retrouve sur les lieux de nos exploits », explique Jean-Claude Galloyer, 67 ans, maire d'une petite commune à côté de Vesoul. Une association des anciens des promotions 1961 a été créée pour la circonstance et tous les anciens contactés. « 250 ont répondu présent. Avec les épouses, nous serons 450 », se réjouit Jean-Claude Galloyer arrivé dès mercredi soir en repérage.

« Quand nous avons parlé de notre projet à la mairie de Rivedoux, Patrice Raffarin, le maire, s'est montré tout de suite enthousiaste. »

Et la commune s'est immédiatement associée à l'organisation de cette fête souvenir. Des avions d'époque survoleront la plage au moment des retrouvailles. « Cela n'a pas été simple. Il en a fallu des démarches pour obtenir les autorisations », raconte encore Jean-Claude Galloyer.

La plupart de ces glorieux anciens faux soldats américains sont déjà sur place.

Ils se retrouvent d'abord cet après-midi à l'école militaire de Saintes où ils verseront une larme émue sur leurs souvenirs notamment en revoyant cette salle de cinéma baptisée « Le Jour le plus long » et qui fut construite grâce à un gros chèque de la production du film. Et puis les arpètes réécriront leur propre scénario à Rivedoux. Et le jour promet d'être long.

(1) - Aujourd'hui à 20 heures, libération de la « Chaloupe » à Rivedoux, drapeaux américains aux fenêtres, exposition de véhicules sur le port. Demain, à partir de 12 heures et jusqu'à 16heures, sur la plage, les Américains de 1961 débarquent avec apéro-jazz et passages d'avions d'époque.

Source : Sud-Ouest du 04/06/2011

01 mars, 2013

"Le Jour le plus long" tourné sur l'île de Ré

Il y a 42 ans, des scènes du film de Darryl F. Zanuck, "Le Jour le plus long", étaient tournées sur l'île de Ré.
Toussaint 1961 : le temps est peu engageant, de gros nuages, du vent, des vagues abondantes et enflées. Sur la plage de la Conche des Baleines, une foule immense : on procède au tournage de plusieurs scènes de débarquement pour le film produit par Darryl F.Zanuck : "Le Jour le plus long".
Robert Mitchum fut la vedette principale de la "grande scène de débarquement" tournée à la Toussaint 1961. Pour le reste, il y avait foule de figurants aussi bien Français qu'Américains.
En 1961, les troupes américaines étaient encore présentes en France, notamment à la Pallice, dans la banlieue rochelaise, et les GI's avaient été enrôlés pour faire de la figuration.
Mais ils n'étaient pas les seuls. La production avait dû également faire appel aux Français. Parmi eux des appelés du contingent français, qui voyaient là une façon agréable de passer une partie de leur période sous les drapeaux. Au total, près de 2000 appelés, venant de la base aérienne de Rochefort, de l'Ecole des mécaniciens de l'Air de Saintes, du Rima d'Angoulême, du 33ème RA de Poitiers, du 5ème Dragon de Périgueux, d'un Régiment du train de Bordeaux, pour ne citer qu'eux. La production avait ratissé large !
En 1994, pour le cinquantième anniversaire du débarquement ( le vrai, pas la fiction), nous avions retrouvé quelques-uns de ces figurants qui étaient revenus, amusés, sur les lieux de leurs premiers pas sous les sun-lights. Et puis, il y avait les habitants de l'île de Ré, et de La Rochelle, nombreux eux aussi à figurer ( comme Jean-Louis Foulquier) , à donner un coup de main, ou à fournir le tournage en vivres.

La plage de la Conche

La plage de la Conche des Baleines avait été transformée en gigantesque "zone de débarquement". Certes, les blockhaus du mur de l'Atlantique, les vrais, étaient toujours présents. Mais ils ne suffisaient pas à la production qui en avait construit de nouveaux ! Des monument de polyester que l'on pouvait transporter à bout de bras !
L'un d'entre eux avait une fonction bien particulière : il devait masquer le Phare des Baleines, qui, "of course", ne devait pas figurer sur des prises de vues censées représenter la Normandie !
Tout le décor, ou presque était en plastique, y compris les armes confiées aux "comédiens alliés". Seules les barges de débarquement étaient vraies et d'une façon générale tous les engins motorisés. Pour faciliter l'accès à la grande plage du nord de l'île, Darryl Zanuck avait fait percer un passage à travers la dune. Ce passage s'appelle toujours le "Pas Zanuck", mais combien de vacanciers savent aujourd'hui pourquoi ?

Rivedoux

Quelques scènes ont été tournées à Rivedoux. Une maison, ou plutôt la silhouette d'une maison, y avait été dressée. Elle devait masquer les installations du port de La Pallice qui apparaissaient dans le lointain.
C'est sur ce dernier lieu de tournage qu'apparaissait Bourvil, avec sa bouteille de Champagne. C'est là aussi qu'avait été tournée une scène de bombardement de la plage par des appareils allemands.
Le soir, après le tournage, les producteurs et réalisateurs visionnaient les rushes à la Rochelle, au Café de la Paix ou à l'Olympia. Quant aux figurants 'trouffions", ils logeaient sur l'île, dans les locaux de colonies de vacances, à La Couarde, inoccupés en cette période de l'année.
A l'issue du montage, quelques mois plus tard, les habitants de l'île de Ré avaient eu droit à une projection en "avant-première".

M.A.C. - http://www.lpc.france3.fr
Sources : Télérama n° 2837 - 26 mai 2004

19 janvier, 2013

Le jour où Bill se fit la belle

FAITS D'ÉTÉ 1962. Le 4 août, le puma du cirque Francki file à l'anglaise. Le safari rocambolesque pour le récupérer durera deux mois

Le 16 octobre 1962, Bill est repéré en haut d'un grand pin. (photo repro collection jean de cellery d'allens)
Le lendemain, on apprit la mort de Marylin Monroe. Mais, malgré tout le mystère qui entoure les circonstances de ce suicide, tous les historiens s'accordent à dire que ce second drame n'avait rien à voir avec le premier : la fugue de Bill à Ars-en-Ré. Bill était un puma, d'origine américaine comme Clinton, JFK ou Norma Jane Baker, également peu farouche, et qui s'ennuyait ferme dans sa cage dorée du cirque Francki, ses jongleurs, des acrobates, ses fauves. Dans la nuit du 4 août, Bill décréta l'abolition des privilèges du dompteur et glissa, ombre furtive, dans la nuit moite de l'île de Ré.

L'affaire fit grand bruit, allant jusqu'à reléguer en bas de page le mystérieux serpent de mer qui venait de ressurgir dans un étang des Vosges. La presse nationale envoya dans l'île ses plus fins limiers. Allez savoir pourquoi, en août, les journalistes parisiens préfèrent venir enquêter en bord de mer plutôt que dans la forêt-noire.

31 décembre, 2012

Le Père Noël peut-il mathématiquement exister ?

SCIENCES - Sortez les calculettes et éloignez les enfants, voilà la démonstration mathématique que le Père Noël n'a pas un métier facile...

Difficile dans un monde cartésien de croire à un vieux monsieur habillé de rouge qui se faufilerait dans toutes les cheminées du monde pour y déposer des cadeaux. Des mathématiciens farfelus se sont penchés sur le cas Santa et nous démontrent par A+B que son existence serait bien fatiguante.

Le Père Noël passerait 0,001 seconde par maison

Première donnée: il y a deux milliards de personnes ayant moins de 18 ans dans le monde. Parmi ces enfants, les matheux ont exclu du calcul ceux qui ne sont pas de religion chrétienne et qui s’en fichent bien du Père Noël et du petit Jésus. Sans les musulmans, les hindous, les Juifs et les bouddhistes, il ne reste que 378 millions d’enfants qui attendent avec impatience le 25 décembre.

Avec en moyenne 3,5 enfants par foyer dans le monde, on arrive à 91,8 millions de maisons à desservir pour les rennes du Père Noël. Bien sûr, le traineau doit marquer tous les stops, car on fait l’hypothèse qu’il y a bien un enfant sage dans chaque maison. Pour faire cela, Papa Noël a 31 heures si on considère qu’il voyage d’est en ouest et que son traineau suit les fuseaux horaires autour du globe. Il faut donc qu’il fasse 822,6 descentes de cheminée par seconde, ce qui lui laisse un peu plus de 0,001 seconde pour distribuer les cadeaux dans chaque maison. Ereintant.

Les rennes lancés à Mach 3.000

Ce parcours du combattant suppose également que les rennes soient très en forme. Si on estime que chaque maison est éloignée en moyenne de la suivante de 1,2km, le voyage représente au total plus de 120 millions de km. En 31h, cela représente une vitesse moyenne supérieure à 3,8 millions de km/h, soit environ 1.050km par seconde. Le mur du son est donc très largement franchi, puisqu’il est atteint à partir de 340 mètres par seconde. Les rennes devraient courir à Mach 3.000. Rien que ça.

Les calculs ne s’arrêtent pas là. Parce que le Père Noël ne voyage pas à vide: il porte sur son traineau tous les cadeaux de tous les petits enfants. Et ça représente un poids non négligeable: pour un cadeau de 900 grammes par enfant, la charge totale serait de 321.300 tonnes. Sachant qu’un renne normal ne peut tirer plus de 136kg avec ses petites pattes musclées, il faudrait donc un attelage de quelque 2.360.000 rennes. Un beau bazar. Les mathématiciens, dans leur grande sagesse, ont donc considéré que les rennes du Père Noël avaient des pouvoirs magiques et pouvaient transporter dix fois plus de poids que leurs congénères terrestres. Allez, un attelage de 236.000 rennes, c’est plus raisonnable.

Oui, mais ces rennes, ce poids, cette vitesse, ce ne serait pas un peu dangereux? En fait, cela produirait une résistance dans l’air semblable à celle d’un vaisseau spatial entrant dans l’atmosphère. Les rennes en tête de cortège recevraient 14,3 milliards de trilliards de joules d’énergie dans le museau. Autant dire qu’ils se consumeraient en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Et en 0,00426e de seconde, tout l’attelage serait réduit en cendres. Conclusion: si le Père Noël existe, il est mort. CQFD.

Source : 20 mn du 20/12/2012

22 septembre, 2012

Louis Suire, par amour de l'île de Ré

Jeudi 26 janvier, l'association des Amis du musée a fait don de deux tableaux du peintre Louis Suire au musée Ernest-Cognacq à Saint-Martin-de-Ré. Retour sur la vie de cette figure rétaise avec Claude Suire, fils de l'artiste peintre.

Louis Suire, par amour de l'île de Ré

Lorsque l’on arrive impasse des Aquarelles, dans le hameau de La Rivière aux Portes-en-Ré, on comprend aussitôt les raisons qui ont poussé Louis Suire a en faire son refuge en 1929. Certes, la maison n’était pas exactement la même et tout le confort moderne qu’on y trouve aujourd’hui était, à l’époque inexistant.

27 juillet, 2012

Ile de Ré, les petits bonheurs d'un terroir généreux

Ile de contraste avec ses cordons de dunes et ses petites plages, Ré est aussi une terre d'harmonie grâce à ses producteurs et à ses artisans qui, pour rien au monde, ne quitteraient le navire. A découvrir toutes voiles dehors.

L'île de Ré a été façonnée par ses hommes. Ce sont eux qui, au fil des siècles, ont créé les marais salants qui couvrent aujourd'hui 20 % de la surface insulaire. Si beaucoup d'entre eux sont dédiés à la production de sel ou aux aires d'affinage des huîtres, certains sont aussi le repaire d'une faune et d'une flore triées sur le volet.

Les villages, comme des guillemets, épaulent les rares départementales qui sillonnent l'île. Escortés par leurs maisons blanches et basses entourées de murs hauts, leurs ruelles serpentines et leurs roses trémières, ils vivent l'été au rythme quotidien des marchés, des boutiques, des commerces de bouche, des hôteliers et des restaurateurs qui déroulent les perles du terroir.

Car l'île de Ré est une belle qui relève aussi les manches. Hormis la petite centaine de sauniers et les ostréiculteurs assidus qui délivrent entre 6 000 et 8 000 tonnes d'huîtres par an, producteurs et artisans se serrent les coudes en défendant bec et ongles savoir-faire et attitudes bio.

Pour la première fois, cette année, un parcours gourmand qui réunit cinq artisans réthais (fromager, apiculteur, confiturière, chocolatier et fabricant de gâteaux secs) a été mis en place afin de faire découvrir, in situ, les secrets et les aléas de métiers séculaires. Il suffit d'enfourcher une bicyclette! Les sportifs préféreront le VTT, les couples oseront le tandem tandis que les indolents se cramponneront à un modèle électrique.

Avec un point culminant à 19 mètres et plus de 100 kilomètres de pistes cyclables aménagées, la petite reine est toujours l'héroïne des étés réthais.


14 juillet, 2012

L'amour au bois de Trousse-Chemise

Depuis qu'elle a été chantée par Aznavour, cette forêt est devenue une vedette.

Les mots sont plus forts que les choses. Si ce petit bois ne s'était pas appelé « Trousse-Chemise », et si Charles Aznavour n'en avait pas fait une chanson, ces arbres qui ont poussé au bord de la mer ne seraient pas plus connus que ceux d'à côté. L'endroit ne serait pas non plus signalé par des panneaux routiers plusieurs kilomètres à l'avance, comme le phare des Baleines ou n'importe quel autre lieu supposé valoir le détour.

Pour être franc, le bois de Trousse-Chemise ne mérite pas spécialement le déplacement. Ce n'est ni le plus joli, ni le plus grand, ni le plus ancien d'une île où il y a par ailleurs tant de choses à voir. C'est en revanche celui qui a reçu le plus beau nom.

Invitation à l'amour

« Trousse-Chemise »… le mot fait rêver. Jacques Mareuil, qui a écrit en 1962 les paroles chantées par Charles Aznavour, y a vu une invitation à l'amour : « Dans le petit bois de Trousse-Chemise/Quand la mer est grise et qu'on l'est un peu/Dans le petit bois de Trousse-Chemise/On fait des bêtises, souviens-toi nous deux. »

Ce nom n'a pourtant peut-être rien à voir avec les affaires de cœur. Pour les uns, il renvoie à l'époque où il fallait relever sa chemise pour traverser le gué de Loix à marée basse sans se mouiller. Pour les autres, il serait un hommage rendu à celles et ceux qui avaient montré leurs fesses aux Anglais enfin chassés de l'île. D'autres hypothèses circulent. Quelle est la bonne ? En l'occurrence, on se fiche de la vérité historique : la seule qui compte est celle d'Aznavour. « Et j'ai renversé à Trousse-Chemise/Malgré tes prières à corps défendant/Et j'ai renversé le vin de nos verres/Ta robe légère et tes dix-sept ans. » L'office du tourisme des Portes-en-Ré le confirme : c'est principalement à cause de la chanson que la plupart des touristes ont envie d'aller visiter le petit bois.

Petit, il l'est vraiment. Aznavour n'a pas menti. 25 hectares seulement, et même un peu moins depuis la tempête Xynthia. « C'est la plus petite forêt domaniale de l'île, souligne Philippe Pouvesle, agent forestier de l'ONF chargé du territoire rétais. Elle a été gagnée sur la mer à l'époque où l'Océan apportait encore du sable. »

La forêt recule

L'endroit a même été cultivé. On voit, ici et là, des vignes, vestiges des temps anciens, qui poussent au milieu des arbres. Aujourd'hui, la mer, au contraire, enlève le sable. En quatre ans, en certains endroits, les dunes de Trousse-Chemise ont reculé de 120 mètres, et la forêt a suivi le mouvement. Pour essayer de limiter les dégâts, on a entassé des branchages juste derrière la place. Ils sont censés faire office de piège à sable pour permettre la reconstitution du cordon dunaire.

Les arbres poussent derrière, et les plus avancés se trouvent maintenant au bord de la plage, dessinant une frontière fragile et poreuse entre le monde de la mer et celui de la forêt. Une forêt un peu hésitante et qui n'a jamais été traitée dans un but de production. On y trouve un peu de tout, et surtout beaucoup de chênes verts. Le pin maritime, qu'on a voulu imposer, n'a pas prospéré comme prévu : il dépérit dès que ses racines atteignent le calcaire qui se trouve à 2 mètres de profondeur. Faut-il le remplacer, et par quoi ? La question est parfois posée. Du pin d'Alep ? Quelques plantations ont été réalisées avec succès, mais l'essence a l'inconvénient de ne pas être d'ici. Du pin parasol ? Même problème puisqu'il « méditerranéiserait » trop le paysage.

On pourrait peut-être demander leur avis aux amoureux. Mais ce n'est pas l'avenir de la forêt qui les intéresse. C'est le leur. Tout ce qu'ils voudraient savoir, c'est si leur histoire se terminera comme dans la chanson. Mieux ou moins bien…

« Dans le petit bois de Trousse-Chemise/On fait des bêtises, souviens-toi nous deux »

Source : Sud-Ouest du 12/07/2011

30 juin, 2012

En concert au Zénith, la passion selon Joan Baez


En concert vendredi 29 juin au Zénith Sud de Montpellier, la pasionaria folk des années 60 soutient désormais le mouvement “Occupy Wall Street“.

Vous souvenez-vous de votre dernier concert à Montpellier (en 2009 sur la promenade du Peyrou dans le cadre des Internationales de la guitare) ?

Oh que oui ! C’est ce jour-là que j’ai rencontré Marianne (Cambournac, voir ci-dessous ndr). La soirée était aussi folle que fascinante, pour un résultat merveilleux ! Depuis, nous avons donné plusieurs concerts avec mon fils et Marianne qui fait partie désormais de mon groupe.

Son talent est unique. Je suis aussi très attirée par ses influences espagnoles : bien que je sois à moitié mexicaine, je n’ai jamais abordé la partie latine de ma personnalité. Elle fait sortir tout ça.

Vous avez récemment chanté en soutien au mouvement “Occupy Wall Street”. Pour quels motifs ?

Ces jeunes gens recherchent ce qui, dans leurs vies, pourrait avoir du sens tout en contribuant à améliorer la situation désastreuse du monde. Cela fait très longtemps qu’aucun mouvement communautaire n’était pas apparu et c’est déjà une petite victoire. Mais la tâche est immense.

"Je continue de croire au pouvoir de la base" - Joan Baez

Voyez-vous des points communs entre les mouvements sociaux qui ont marqué les années 60 et ceux que l’on observe aujourd’hui ?

C’est différent. La fin des années 60 et le début des années 70 furent une fantastique période de l’histoire. On n’en reverra peut-être jamais ainsi, notamment parce que des artistes savaient alors mettre des messages sur des actions. “Occupy Wall Street” n’a malheureusement pas son

Blowin’In The Wind (Bob Dylan, ndlr) ou son Imagine (John Lennon, ndlr).

Après avoir milité pour l’élection de Barack Obama, pensez-vous toujours que le changement ne peut venir que de la base ?

Obama est celui dont nous avions besoin. Mais je continue de croire au pouvoir de la base. Gandhi et Luther King en sont les meilleurs exemples. Leurs mouvements ont fait très peu de victimes et il faut s’en inspirer.

Vous êtes toujours très sollicitée. Comment choisissez-vous les causes que vous soutenez ?

Ma mère vient de fêter ses 99 ans et je veux enfin passer plus de temps avec ma famille. Je voyage moins. Mais si quelque chose me parvient et que je suis la seule à pouvoir aider, alors je ferai mon maximum.

Lors de la Marche de Washington en 1963 ou à Woodstock en 1969, aviez-vous conscience du souffle historique de ces événements ?

C’était si énorme, si plein d’émotions et si représentatif des changements sociaux que, oui, je percevais tout cela. J’ai été très chanceuse d’être là.


MINI PORTRAIT : “Notre” Marianne

Au début des années 90, jeune artiste dans les rues de Montpellier, Marianne fascinait les passants, notamment en imitant la trompette avec la bouche. Devenue Marianne Cambournac, elle connaîtra le succès avec Ginkobiloba avant de sortir un premier album en 2008, sous le nom de Marianne Aya Omac. En 2009 à Montpellier, elle se lie d’amitié avec Joan Baez dont elle assure la première partie au Peyrou. La star chante sur son nouvel album en 2011 et l’intègre dans son groupe.

03 avril, 2012

Escale rétaise pour le couple Galabru

Le comédien a connu l'île grâce à son épouse, « il y a une bonne quarantaine d'années ».

«La première fois que je suis venu dans l'île de Ré, c'était il y une bonne quarantaine d'années, à l'occasion d'une escapade amoureuse avec celle qui allait devenir ma femme. Sa tante y possédait une petite maison. Nous étions descendus de Paris en voiture et Claude avait oublié de faire le plein. J'ai bien cru que nous n'y arriverions jamais ! Mais nous y sommes parvenus, et cela reste encore aujourd'hui un merveilleux souvenir ».

Arrivant de Carcassonne où il vient de jouer avec son fils Jean et sa fille Emmanuelle « La femme du boulanger » de Marcel Pagnol, le comédien Michel Galabru, invité de son ami photographe Michel Jeanneau, s'octroie quelques jours de repos en terre rétaise, au Relais Thalasso de Sainte-Marie-de-Ré, avant de repartir vers d'autres étapes de la tournée de festivals qu'il monte chaque été avec ses enfants.

07 février, 2012

Ré île fortifiée, de la citadelle de Vauban au mur de l'Atlantique


SAINT-MARTIN-DE-RE (Charente-Maritime) — Citadelles, forts, redoutes, blockhaus et casemates. En bord de plage, en forêt ou en ville. Erigées au XVIIe siècle par Vauban ou au XXe par l'organisation nazie Todt, les fortifications de pierre et de béton marquent l'île de Ré.

Sur les pistes cyclables, longeant des maisons blanches aux volets verts bordées de roses trémières, les estivants découvrent à chaque tour de pédale des vestiges, souvent imposants, qui rappellent la situation stratégique de l'île de Ré en face du port de La Rochelle.

"L'île de Ré, île fortifiée", écrit et illustré par Nicolas Mengus, qui vient d'être publié chez Geste éditions, raconte de manière vivante et didactique huit siècles de fortifications sur cette terre de 85 km2, reliée au continent par un pont depuis 1988.

En juillet 2008, douze sites français, dont la citadelle de Saint-Martin-de-Ré, construits par Vauban, ont été inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco.


17 décembre, 2011

Week-end à Saint-Guilhem-le-Désert

Si Charlemagne a inventé l'école, il a, sans le savoir, promu le tourisme à Saint-Guilhem-le-Désert. En offrant, en l'an 804, un morceau présenté comme venant de la Croix du Christ à Guillaume d'Orange, l'empereur carolingien ignorait sans doute que le soldat deviendrait moine et que l'abbaye de Gellone, qui abrite aujourd'hui la précieuse relique et les restes de Saint-Guilhem, serait un jour de 1998 classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Blottie dans un repli rocheux à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Montpellier, en bordure des gorges de l'Hérault, cette cité romane ancrée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle rayonne depuis 1 200 ans d'une belle et délicate identité médiévale.

12 décembre, 2011

Un animal et surtout une marque

Régis Léau est l'éleveur des fameux ânes en culotte de l'île de Ré. Il se bat depuis quelques années pour être le seul à en exploiter l'image.

Les ânes en culotte de l'île de Ré ont fait beaucoup pour la notoriété de l'île de Ré et de sa capitale fortifiée,  Saint-Martin. Ils sont une image de tradition, une image aujourd'hui d'ailleurs largement véhiculée par les médias et notamment la télévision, puisque plusieurs chaînes de télé ont produit reportages et documentaires sur l'élevage rétais des ânes de Régis Léau.

Rappelons, pour la petite histoire, que les ânes servaient au transport du sel et de la vigne à travers les marais. Ils avaient les pâtes habillées de culottes pour les protéger des piqûres de moustiques et autres insectes.
Plus que de simples animaux sur le dos desquels les enfants font des balades l'été au parc de la Barbette,  "les ânes en culotte" sont depuis quelques années une marque à part entière.