04 mars, 2013

Etienne Daho - Week-end à Rome

Illusion


Rompre à l'aide d'un powerpoint

La Laitière et le Pot au lait

Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent,
Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile,
D'élever des poulets autour de ma maison :
Le Renard sera bien habile,
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari
En grand danger d'être battue.
Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.

01 mars, 2013

Le Billet de Francois Morel

"Le Jour le plus long" tourné sur l'île de Ré

Il y a 42 ans, des scènes du film de Darryl F. Zanuck, "Le Jour le plus long", étaient tournées sur l'île de Ré.
Toussaint 1961 : le temps est peu engageant, de gros nuages, du vent, des vagues abondantes et enflées. Sur la plage de la Conche des Baleines, une foule immense : on procède au tournage de plusieurs scènes de débarquement pour le film produit par Darryl F.Zanuck : "Le Jour le plus long".
Robert Mitchum fut la vedette principale de la "grande scène de débarquement" tournée à la Toussaint 1961. Pour le reste, il y avait foule de figurants aussi bien Français qu'Américains.
En 1961, les troupes américaines étaient encore présentes en France, notamment à la Pallice, dans la banlieue rochelaise, et les GI's avaient été enrôlés pour faire de la figuration.
Mais ils n'étaient pas les seuls. La production avait dû également faire appel aux Français. Parmi eux des appelés du contingent français, qui voyaient là une façon agréable de passer une partie de leur période sous les drapeaux. Au total, près de 2000 appelés, venant de la base aérienne de Rochefort, de l'Ecole des mécaniciens de l'Air de Saintes, du Rima d'Angoulême, du 33ème RA de Poitiers, du 5ème Dragon de Périgueux, d'un Régiment du train de Bordeaux, pour ne citer qu'eux. La production avait ratissé large !
En 1994, pour le cinquantième anniversaire du débarquement ( le vrai, pas la fiction), nous avions retrouvé quelques-uns de ces figurants qui étaient revenus, amusés, sur les lieux de leurs premiers pas sous les sun-lights. Et puis, il y avait les habitants de l'île de Ré, et de La Rochelle, nombreux eux aussi à figurer ( comme Jean-Louis Foulquier) , à donner un coup de main, ou à fournir le tournage en vivres.

La plage de la Conche

La plage de la Conche des Baleines avait été transformée en gigantesque "zone de débarquement". Certes, les blockhaus du mur de l'Atlantique, les vrais, étaient toujours présents. Mais ils ne suffisaient pas à la production qui en avait construit de nouveaux ! Des monument de polyester que l'on pouvait transporter à bout de bras !
L'un d'entre eux avait une fonction bien particulière : il devait masquer le Phare des Baleines, qui, "of course", ne devait pas figurer sur des prises de vues censées représenter la Normandie !
Tout le décor, ou presque était en plastique, y compris les armes confiées aux "comédiens alliés". Seules les barges de débarquement étaient vraies et d'une façon générale tous les engins motorisés. Pour faciliter l'accès à la grande plage du nord de l'île, Darryl Zanuck avait fait percer un passage à travers la dune. Ce passage s'appelle toujours le "Pas Zanuck", mais combien de vacanciers savent aujourd'hui pourquoi ?

Rivedoux

Quelques scènes ont été tournées à Rivedoux. Une maison, ou plutôt la silhouette d'une maison, y avait été dressée. Elle devait masquer les installations du port de La Pallice qui apparaissaient dans le lointain.
C'est sur ce dernier lieu de tournage qu'apparaissait Bourvil, avec sa bouteille de Champagne. C'est là aussi qu'avait été tournée une scène de bombardement de la plage par des appareils allemands.
Le soir, après le tournage, les producteurs et réalisateurs visionnaient les rushes à la Rochelle, au Café de la Paix ou à l'Olympia. Quant aux figurants 'trouffions", ils logeaient sur l'île, dans les locaux de colonies de vacances, à La Couarde, inoccupés en cette période de l'année.
A l'issue du montage, quelques mois plus tard, les habitants de l'île de Ré avaient eu droit à une projection en "avant-première".

M.A.C. - http://www.lpc.france3.fr
Sources : Télérama n° 2837 - 26 mai 2004